Historique du castrum de Pommiers

Le château de Pommiers est attesté dans les sources écrites relativement tard : en 1274, Guillaume-Sanche de Pommiers et ses parsoniers Pierre et Pierre-Amanieu de Pommiers reconnaissent tenir du roi d’Angleterre, duc d’Aquitaine, le castrum de Pomeriis cum honore . C'est la première mention directe du château dont l'origine semble cependant beaucoup plus ancienne. Deux indices le laissent supposer : la mention de la famille de Pommiers dès le XIe s. dans le Cartulaire de La Réole et la probable existence sur le site d’une motte castrale . Les Pommiers, qui connurent leur heure de gloire au XIVe s. , conservèrent le château au moins jusqu’à la fin de ce siècle. Ensuite, la succession des seigneurs de Pommiers - la disparition des archives du château n’a pas facilité leur reconstitution - entre dans une période d’instabilité. Les seigneurs modernes de Pommiers résident rarement sur place, ce qui explique sans doute l’état de dégradation avancé de leur logis . Ils se soucient essentiellement des revenus que leur procure une seigneurie banale et foncière étendue aux paroisses environnantes de Saint-Félix-de-Pommiers, Saint-Sulpice-de-Pommiers et Buch et s’intéressent assez peu au bourg qui décline lentement face à la concurrence de la toute proche bastide de Sauveterre-de-Guyenne, siège d’une prévôté royale, fondée en 1283 (fig. 2). Pommiers est le seul bourg castral sans descendance de l'Entre-deux-Mers mais il est peu documenté par les textes. Faute d’archives, on ignore tout des circonstances et de la chronologie de la naissance du bourg : habitat de fondation ou de formation ? Aucun texte ne permet de le savoir. L'utilisation, en 1274, du terme castrum - castrum de Pomeriis - pour désigner Pommiers, peut laisser supposer l'existence dès cette date d'un habitat villageois dans le château. Il semble que pendant la guerre de Gascogne, vers 1303, le château et son bourg furent détruits : le sire de Pommiers nous apprend en effet qu’à cette époque "ses chastels et mesons furent abatuz et mis en terre" . Il faut attendre 1496, pour disposer d'une mention sans équivoque de la "ville de Pommiers". Comme d’autres bourgs castraux aquitains, le bourg de Pommiers n'a pas réussi à générer sa propre paroisse. Sa chapelle castrale (fig. 2) est restée sous la tutelle de l’église Saint-Félix située près d'un kilomètre à l'ouest de Pommiers établi en limite nord-est d'une paroisse dont l'origine semble ancienne (fig. 2). En 1766, on compte encore intra muros au moins sept maisons, une grange, une écurie, un cuvier, une chapelle castrale, une halle, un puits commun dans les "murs de ville" (fig. 2). On relève également la mention d’une place dite de Cancon, de deux rues différentes - rue de la Chapelle et rue de la maison de la Motte - et d’une "andronne", étroite venelle entre deux bâtiments. À la fin du XVIIIe s., la carte de Belleyme représentait encore Pommiers sous le symbole d'un bourg fortifié. En 1805, le dernier vicomte de Pommiers vend le bourg et le château de Pommiers. En 1818, on apprend que "le sieur Béchade possédait la seule maison un peu considérable de la ville de Pommiers ; il est devenu successivement propriétaire du château et du très petit nombre de maisons qui existaient encore ; plus tard il a fait détruire celles qui ne lui étaient pas utiles".

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