Petit résumé de l'histoire du Castrum

 

Avec une superficie d'environ 1,5 ha, le bourg de Pommiers, se trouvait dans la moyenne – généralement réduite de celle des bourgs castraux – observée en Entre-deux-Mers bazadais.

 

Ce bourg est le seul à avoir perduré jusqu'au XVIII° siècle.

 

On ignore tout des circonstances et de la chronologie de la naissance du bourg.

 

En 1274, l'utilisation du terme castrum - castrum de Pomeriis - pour désigner Pommiers, laisse supposer, dès cette date, l'existence d'un habitat dans l'enceinte castral. Le développement du village s'est fait après la construction de l'enceinte castrale au XIII° siècle.

 

Il faut attendre 1496 pour disposer d'une mention sans équivoque de la «ville de Pommiers». A cette date, deux tenanciers de Saint Félix de Pommiers et de Saint Laurent du Bois échangent leurs tènements.

 

En 1532, Nicolas Bohier, vicomte de Pommiers demande au roi de France l'autorisation d'y créer une foire annuelle.

 

Pendant cinq siècles, cette «petite ville de Pommiers» va exister. En 1805, Monsieur de Tapol, dernier vicomte de Pommiers, vend le château et la ville au sieur Béchade. Celui-ci abattra toutes les maisons qui restaient encore debout, et construira, vers 1825, la grosse maison de maître qui se trouve au centre de la prairie.

 

Les édifices publics ont presque totalement disparu:

  • Le logis castral n'existe plus depuis longtemps

  • De la halle, pourraient subsister les arcades accolées à la courtine sud

  • La chapelle a été réédifiée sur ses bases en 1880

  • Le puits commun mentionné dans les textes est toujours présent.

 

Les seules constructions privées actuellement visibles à l'intérieur de l'enceinte sont deux bâtiments construits au XVII° siècle (l'un d'eux intègre en élévation les vestiges d'une construction des XIV° ou XV° siècles.

 

Une grande maison de maître sur cave édifiée au XIX° siècle (1825-1830) par les Béchade. Implantée au centre de la prairie de Pommiers, sa construction a entraîné la destruction du sous-sol archéologique à cet endroit en raison du creusement des caves qui servirent ensuite à entreposer les barriques.

 

Protection et état de conservation

La partie la mieux conservée de Pommiers est l'enceinte villageoise, qui subsiste en de nombreux points, malgré des destructions opérées il y a plusieurs années et heureusement interrompues par le classement du site en 1987.

Malgré quelques parties détruites, on peut suivre l’enceinte sur la totalité de son tracé long de 413 m. C'est une construction qui présente un caractère relativement homogène dû à l'utilisation d’un type de construction assez constant, composé de moyen appareil de moellons équarris à tête dressée disposés en assises régulières et liés au mortier de chaux.

Sur son côté ouest, l’enceinte est totalement dérasée en deux points : vers le Nord, sur à peine 10 m de long et au sud depuis la “ maison Piva ” jusqu'à la portion conservée accolée à la tour sud. Les deux portes de Pommiers sont conservées dans leur état du siècle dernier - porte nord découronnée et tour-porte sud complète moins le crénelage.

La porte sud, s'ouvrant sous une tour carrée faisant saillie sur la courtine, semble remonter au début du XIVe s. ; elle est voûtée en berceau brisé et conserve deux étages desservis par un escalier en vis pratiqué dans le mur. C'est la seule tour conservée sur le site : la courtine en est totalement dépourvue et simplement renforcée côté Vignague par d’imposants contreforts qui ont fait l’objet du programme global de restauration présenté dans le cadre de ce concours.

 

 

Vue des contreforts de la courtine Sud avant restauration

 

 

 

 

Plan du Castrum de Pommiers relevé en 1998 par l'architecte Monsieur Martin.

Du castrum ou bourg castral de Pommiers, protégé par l'enceinte et jadis composé de constructions militaires, publiques et privées, ne subsistent aujourd'hui que très peu de vestiges apparents (fig. 5). On ignore jusqu'à l'emplacement du réduit fortifié qui abritait les seigneurs de Pommiers au Moyen Age. Seuls subsistent : 

  • Le bâtiment baptisé "Tapol", actuelle résidence de la famille Piva, appuyé contre la courtine ouest, vestige de la résidence seigneuriale moderne (XVIe – XVIIIe s.) ; 
  • Une chapelle castrale installée sur un puissant contrefort saillant de la courtine orientale. Ce petit édifice rectangulaire à chevet plat ouvert en façade occidentale par une simple porte à arc cintré a été refait au XIXe s. ; 
  • Les arcades de la halle moderne accolées à la courtine sud ; 
  • Les vestiges d'une maison villageoise du XVIIe s., la maison Dufour, appuyés contre la courtine nord.
  • L'imposante maison de maître construite au XIXe s. par les Béchade et implantée au centre de la "prairie" de Pommiers est le témoin de la reconversion du site en domaine viticole privé après la Révolution.

À l'extérieur de l'enceinte castrale, on peut voir : * en contrebas, sur la Vignague le moulin à eau de Pommiers dont les vestiges apparents remontent au XIVe s. ainsi qu'un pont traversé par le chemin médiéval de Foncaude à Pommiers aujourd'hui désaffecté et conservé sur plusieurs centaines de mètres ;

  • sur le plateau, au nord-ouest, le colombier seigneurial moderne.


Le site de Pommiers a été inscrit à l'inventaire supplémentaire par arrêté du 22 décembre 1987. Cette protection s'étend à "l'enceinte, aux tours et vestiges du château fort et aux arcades de la halle". Le 8 Juin 2007, le Préfet d’Aquitaine, Préfet de la Gironde, a signé le décret étendant l’inscription en totalité, au titre des monuments historiques, du Château de Pommiers qui présente au point de vue de l’art et de l’histoire un intérêt suffisant pour en rendre désirable la conservation en raison de sa qualité architecturale.

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